Les missions du poste

Établissement : Université Grenoble Alpes École doctorale : ISCE - Ingénierie pour la Santé la Cognition et l'Environnement Laboratoire de recherche : Laboratoire de Psychologie et Neuro Cognition Direction de la thèse : Laurent VERCUEIL ORCID 0000000333230091 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-19T23:59:59 Les troubles du spectre de l'autisme (TSA) sont fréquemment associé à des difficultés de flexibilité cognitive [1], pouvant se manifester par une rigidité comportementale, des difficultés d'adaptation et une persistance de schémas cognitifs. Ces spécificités sont généralement reliées à des altérations de la connectivité préfrontale et des réseaux impliqués dans le contrôle cognitif [2].
La flexibilité cognitive est également impliquée dans la régulation émotionnelle, et des perturbations de ces capacités sont observées dans les troubles de l'humeur [3]. Or, les troubles dépressifs sont particulièrement fréquents chez les adultes autistes, avec une prévalence élevée et des formes souvent résistantes aux traitements habituels [4, 5]. Des travaux récents mettent en évidence une corrélation entre dépression et inflexibilité comportementale dans l'autisme [6]. En effet, une moindre flexibilité cognitive pourrait contribuer au maintien de schémas émotionnels négatifs [7], et ainsi participer à la vulnérabilité ou à la chronicisation des symptômes dépressifs. Toutefois, ces relations restent encore peu caractérisées dans l'autisme, en particulier en ce qui concerne leurs bases neurobiologiques.
Dans une perspective visant à améliorer le bien-être et la qualité de vie des personnes autistes, il apparaît important de mieux comprendre ces mécanismes. Cela implique d'identifier des cibles d'intervention pertinentes, susceptibles d'agir sur des processus transversaux impliqués dans le fonctionnement cognitif et émotionnel.
La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) constitue, dans ce contexte, une approche prometteuse. Déjà validée dans le traitement de la dépression dans la population générale [8], elle permet de moduler l'excitabilité corticale et la connectivité de réseaux cérébraux impliqués dans la régulation émotionnelle. Des travaux préliminaires auprès de participants autistes ont suggéré qu'une modulation de l'excitabilité préfrontale pouvait non seulement améliorer les performances de flexibilité cognitive, mais également réduire la symptomatologie dépressive [9]. Néanmoins, ces études restent limitées, notamment en raison de la taille réduite des échantillons et de l'hétérogénéité des protocoles.
Plusieurs questions centrales demeurent : quels sont les réseaux cérébraux associés à la flexibilité cognitive dans l'autisme ? Quel est, au sein de cette population, le lien entre flexibilité cognitive et symptômes dépressifs ? Enfin, ces mécanismes peuvent-ils être modulés par une intervention de neuromodulation ciblée, avec un impact sur l'humeur ?
Pour répondre à ces questions, ce projet propose une approche intégrée reposant sur trois études complémentaires. La première étude visera à identifier les biomarqueurs de connectivité associés aux performances de flexibilité chez des adultes autistes sans déficience intellectuelle, à l'aide d'analyses de connectivité fonctionnelle en IRMf. Elle permettra de caractériser les réseaux impliqués et d'identifier des cibles potentielles pour une intervention personnalisée. En parallèle, la deuxième étude visera à établir, à l'échelle de la population générale, le lien entre les symptômes dépressifs et les performances de flexibilité à l'aide d'un questionnaire en ligne. La troisième étude consistera en un essai clinique exploratoire visant à évaluer la faisabilité, la tolérance et les premiers effets d'un protocole de rTMS personnalisé et accéléré chez des adultes autistes. Cette intervention ciblera les réseaux identifiés dans la première étude, avec pour objectif de réduire la symptomatologie dépressive et d'examiner son impact sur la flexibilité cognitive.
En combinant ces approches neurobiologique, comportementale et interventionnelle ce projet vise à mieux comprendre les mécanismes reliant cognition et émotion dans l'autisme, et à identifier des leviers d'intervention susceptibles de contribuer à l'amélioration du bien-être des personnes concernées. Le trouble du spectre de l'autisme (TSA) est un trouble du neurodéveloppement caractérisé par une grande hétérogénéité des profils cognitifs et cliniques [10]. Au-delà des spécificités de la communication et des interactions sociales, de nombreuses études ont mis en évidence des particularités dans les fonctions exécutives, notamment la flexibilité cognitive, qui jouent un rôle important dans l'adaptation au quotidien [1]. Ces dimensions cognitives sont aujourd'hui considérées comme des composantes clés du fonctionnement des personnes autistes, avec des implications fonctionnelles importantes [11].
Parallèlement, les troubles de la santé mentale, en particulier les troubles dépressifs, sont fortement prévalents chez les adultes autistes et constituent un enjeu majeur de santé publique [5]. Leur prise en charge reste complexe, notamment en raison de présentations cliniques hétérogènes et d'une réponse parfois limitée aux traitements conventionnels [4]. Cette situation souligne la nécessité de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à ces difficultés afin d'identifier des leviers d'intervention plus adaptés.
Dans ce contexte, un nombre croissant de travaux s'inscrit dans une approche transnosographique, visant à étudier des processus cognitifs et émotionnels communs à différents troubles. La flexibilité cognitive apparaît comme un candidat pertinent, en raison de son implication à la fois dans le fonctionnement exécutif et dans la régulation émotionnelle [12]. Toutefois, les liens entre ces dimensions, en particulier dans l'autisme, restent encore insuffisamment caractérisés, notamment sur le plan neurobiologique [9].
Par ailleurs, les avancées récentes en neuromodulation ouvrent de nouvelles perspectives d'intervention. La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS), dont l'efficacité a déjà été établie dans le traitement de la dépression [8], permet d'agir directement sur les réseaux cérébraux impliqués dans la cognition et l'émotion. Son potentiel dans l'autisme reste encore peu exploré, mais pourrait offrir une voie complémentaire aux approches existantes [9].
Ainsi, ce projet s'inscrit dans un contexte scientifique et clinique en pleine évolution, où l'identification de mécanismes transversaux et de cibles d'intervention personnalisées constitue un enjeu central pour améliorer la compréhension et la prise en charge des troubles de l'humeur dans l'autisme. L'objectif général de ce projet est de mieux comprendre les mécanismes reliant flexibilité cognitive et symptomatologie dépressive dans l'autisme, et d'évaluer le potentiel de la neuromodulation comme levier d'intervention sur ces processus.
Plus spécifiquement, ce projet poursuit trois objectifs complémentaires.
Le premier objectif est d'identifier les biomarqueurs neurofonctionnels associés à la flexibilité cognitive chez des adultes autistes sans déficience intellectuelle. Il s'agira de caractériser les réseaux cérébraux impliqués à partir d'analyses de connectivité fonctionnelle en IRMf, et d'identifier des cibles potentielles pour des interventions personnalisées.
Le deuxième objectif est d'examiner la relation entre flexibilité cognitive et symptômes dépressifs dans une perspective dimensionnelle, au-delà des catégories diagnostiques. Cette approche permettra de tester l'hypothèse selon laquelle une moindre flexibilité est associée à une symptomatologie dépressive plus élevée dans la population générale.
Le troisième objectif est d'évaluer la faisabilité, la tolérance et les premiers effets d'un protocole de stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) personnalisé et accéléré chez des adultes autistes. Il s'agira d'examiner si la modulation ciblée de réseaux cérébraux peut entraîner une amélioration des symptômes dépressifs, et si cette amélioration s'accompagne de changements des performances de flexibilité cognitive.
Dans son ensemble, ce projet vise à tester l'hypothèse selon laquelle la flexibilité cognitive constitue un mécanisme clé dans la régulation de l'humeur dans l'autisme, et une cible pertinente pour des interventions innovantes. Le projet repose sur trois études complémentaires, combinant approches neuroimagerie, comportementales et cliniques.
La première étude sera conduite chez des adultes autistes sans déficience intellectuelle et des participants non-autistes appariés. Elle s'appuiera sur des données d'IRM fonctionnelle, incluant des acquisitions en resting-state. Les analyses de connectivité fonctionnelle permettront d'identifier les réseaux cérébraux dont l'organisation est associée aux performances de flexibilité cognitive mesurées à l'aide de tâches expérimentales. Les analyses seront réalisées à l'aide d'outils standards (SPM, CONN) [13].
La deuxième étude sera réalisée en population générale via une plateforme en ligne. Elle inclura des mesures de symptômes dépressifs (CES-D) [14], de flexibilité cognitive (Task Switching Task) [15] et de flexibilité émotionnelle (Emotional Set-Shifting Task) [16], ainsi que des mesures de traits autistiques [17]. Les analyses statistiques (corrélations, modèles de médiation) permettront d'examiner les relations entre ces variables dans une approche dimensionnelle.
La troisième étude consistera en un essai clinique exploratoire de phase 2 chez des adultes autistes. Un protocole de rTMS personnalisé sera administré sur une courte période (cure accélérée), avec ciblage individualisé basé sur les données de connectivité [18]. Les participants seront évalués avant, immédiatement après et à distance de l'intervention, à l'aide de mesures cliniques (symptômes dépressifs) et cognitives (flexibilité).
L'ensemble du protocole sera conduit dans le respect des normes éthiques et réglementaires en vigueur, avec des procédures validées par les comités compétents.

Le profil recherché

Le ou la candidat·e devra être titulaire d'un master en psychologie, neurosciences ou dans un domaine connexe, et avoir une expérience préalable auprès de personnes autistes, acquise dans un contexte clinique ou de recherche.
Des compétences en neuroimagerie et en analyses statistiques avancées, notamment en IRMf, seront appréciées. À défaut, un intérêt marqué pour ces approches, ainsi que de bonnes capacités d'apprentissage, seront attendus.
Le ou la candidat·e devra faire preuve d'autonomie, de rigueur scientifique et d'un esprit critique. Une bonne connaissance des principes éthiques encadrant la recherche impliquant des participants humains, ainsi que des règles d'intégrité scientifique, sera également requise. Un CPP devra être rédigé pour ce projet.

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Publié le 7 Avril 2026
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