Les missions du poste


Description du Poste Sujet De Thèse L'Himalaya centro-occidental (WCH ; Inde, Népal et Bhoutan), qui peut être subdivisé en quatre zones climatiques (fig. 1), abrite environ 17 000 glaciers qui sont à l'origine des trois grands fleuves que sont le Brahmapoutre, le Gange et l'Indus. Ces fleuves sont essentiels à l'approvisionnement en eau, à l'agriculture et à l'énergie de centaines de millions de personnes [GIEC, SROCC, 2019]. Au cours des dernières décennies, certaines parties de la région ont connu des étés très chauds (plus de 50 °C pendant plusieurs jours dans les grandes villes indiennes) et, comme toutes les régions montagneuses du monde, un important recul des glaciers qui a également provoqué de grandes crues soudaines dues à la rupture de lacs glaciaires, détruisant des villages [Immerzeel et al., 2020 ; Hugonnet et al., 2021 ; l'équipe GLAMBIE, 2025]. De plus, l'évolution future des glaciers dans cette région devrait entraîner une diminution de leur volume de glace de 25 à 60 % d'ici 2100 - avec une grande variabilité spatiale - en fonction de l'évolution des émissions humaines de gaz à effet de serre [Marzeion et al., 2020], et de 50 à 90 % après l'atteinte d'un équilibre à long terme (c'est-à-dire après plusieurs siècles ; Zekollary et Schuster et al., 2025).Les glaciers du WCH sont influencés par deux systèmes climatiques principaux : les vents d'ouest et les moussons indiennes et estivales orientales dans la partie orientale de la chaîne. Au cours des dernières décennies, la perte de masse glaciaire régionale a été quantifiée, mais les résultats mettent en évidence une grande hétérogénéité spatiale [Sakai et al., 2017 ; Brun et al., 2017], ce qui empêche une estimation fiable des changements futurs et des risques associés pour la société. En effet, l'interaction entre les facteurs climatiques (climat régional, conditions météorologiques, humidité saisonnière, effets orographiques...), géomorphologiques (couverture de débris,hypsométrie du bassin versant, présence d'un lac terminal, etc.) et environnementaux (végétation, sol...) sont encore mal comprises [Brun et al., 2019]. Une analyse solide de leur rôle respectif dans les variations du bilan massique fait défaut à ce jour, car les études actuelless'appuient sur une période d'observation trop courte pour rendre compte de l'histoire à long terme du glacier. Ainsi, il est impossible de distinguer les glaciers très sensibles au changement climatique de ceux dont le comportement est davantage déterminé par des conditions géomorphologiqueset qui présentent une réaction atténuée ou différée au changement climatique actuel. De plus, une quantification plus précise des contributions anthropiques et naturelles à ces changements glaciaires est nécessaire. On ignore par exemple si le recul actuel des glaciers est sans précédent par rapport à celui observé lors des périodes chaudes de l'Holocène (au cours des 11 600 dernières années), comme cela a récemment été rapporté pour certains glaciers tropicaux [Gorin et al., 2024]. De plus, les observations in situ du bilan massique des glaciers sont rares dans l'Océan Atlantique occidental, en raison de l'accès difficile et de la grande taille des glaciers, ce qui remet en question la fiabilité de l'étalonnage des modèles glaciaires. Pour toutes ces raisons, il reste difficile d'estimer l'évolution future des glaciers dans l'Océan Atlantique occidental, en particulier leur variabilité spatiale.L'objectif de ce projet de thèse est de reconstituer l'évolution de 40 glaciers de la région centre-ouest de l'Himalaya depuis les années 1960 à l'aide d'observations par télédétection, de mesures in situ à long terme du bilan massique, d'une méthode spécifique de réduction d'échelle des données de réanalyse climatiqueet d'une modélisation glaciaire globale à l'aide du modèle Open Global Glacier Model (OGGM). Le deuxième objectif de ce projet de thèse est d'utiliser un modèle glaciaire mondial bien calibré pour simuler les trajectoires des glaciers au cours de l'Holocène à l'aide de simulations paléoclimatiques dédiées à grande échelle. L'ensemble de ces travaux portant sur le passé récent et lointain (Holocène) permettra de mieux comprendre le lien entre le changement climatique et l'évolution de chaque glacier, en tenant compte des conditions géomorphologiques des glaciers et du climat local, ce qui rendra finalement les estimations de l'évolution future des glaciers plus fiables et plus cohérentes sur le plan spatial. Votre Environnement de Travail L'Institut des Géosciences de l'Environnement (IGE) est un laboratoire public de recherche affilié au CNRS, à l'IRD, à l'Université Grenoble Alpes (UGA) et à Grenoble-INP. Ses recherches portent sur le changement climatique et l'impact des activités humaines sur notre planète dans les régions polaires, montagneuses et intertropicales, des zones particulièrement sensibles aux enjeux sociétaux majeurs. Le laboratoire compte en moyenne environ 330 personnes, dont 190 permanent.es (chercheur.es, enseignant.es-chercheur.es, ingénieur.es, technicien.nes et personnels administratifs) et environ 140 doctorant.es, post-doctorant.es et contractuels. Chaque année, l'IGE accueille également environ 120 stagiaires et visiteurs scientifiques. L'IGE est réparti dans quatre bâtiments du campus universitaire grenoblois (bâtiment Glaciologie, OSUG-B, Maison du Climat et de la Planète, et INRAE-Grenoble à Saint-Martin-d'Hères).L'IGE est l'un des principaux laboratoires de l'Observatoire des Sciences de l'Univers de Grenoble (OSUG), une structure fédérative de l'Institut National des Sciences de l'Univers (INSU). L'IGE contribue activement à la stratégie nationale de recherche dans les régions polaires, en collaboration avec des partenaires nationaux et internationaux. Il participe à de nombreux projets nationaux et internationaux. La personne recrutée mènera sa mission au sein de l'équipe C2H de l'IGE, dans le cadre du projet CIME, sous la responsabilité de Patrick Wagnon Rémunération et avantages Rémunération La rémunération est d'un minimum de 2300,00 € mensuel Congés et RTT annuels 44 jours Pratique et Indemnisation du TT Pratique et indemnisation du TT Transport Prise en charge à 75% du coût et forfait mobilité durable jusqu'à 300€ À propos de l'offre Référence de l'offre UMR5001-SANASK0-005 Section(s) CN / Domaine de recherche Système Terre : enveloppes superficielles Expérience souhaitée 1 à 4 années À propos du CNRS Le CNRS est un acteur majeur de la recherche fondamentale à une échelle mondiale. Le CNRS est le seul organisme français actif dans tous les domaines scientifiques. Sa position unique de multi-spécialiste lui permet d'associer les différentes disciplines pour affronter les défis les plus importants du monde contemporain, en lien avec les acteurs du changement. 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