Thèse Brave - Briser le Rôle Assigné. Féminismes Italiens Radicalité Politique et Constructions Médiatiques de la Violence 1968-1980 H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université Grenoble Alpes
École doctorale : LLSH- Langues, Littératures et Sciences Humaines
Laboratoire de recherche : Laboratoire Universitaire Histoire Culture(s) Italie Europe
Direction de la thèse : Elisa SANTALENA ORCID 0009000475156840
Début de la thèse : 2026-10-01
Date limite de candidature : 2026-06-20T23:59:59
Le projet BRAVE (« Briser le rôle assigné. Féminismes italiens, radicalité politique et constructions médiatiques de la violence (1968-1980) ») s'inscrit dans le champ des études italiennes et de l'histoire de l'Italie contemporaine. Il propose une réflexion sur les formes de radicalité féminine dans l'Italie des années 1970, en articulant histoire politique, histoire du genre, histoire des médias et approche transnationale. Les années 1970 constituent en Italie un moment de profondes transformations sociales et politiques, marqué par un cycle de mobilisations d'une intensité exceptionnelle. Hérités des mouvements étudiants et ouvriers de 1968, les mouvements de la Nouvelle gauche redéfinissent les frontières de la contestation politique et sociale. Dans ce contexte, le féminisme de la deuxième vague occupe une place centrale : il remet en cause les structures patriarcales, la division sexuée du travail et les rôles sociaux assignés aux femmes. Les militantes s'organisent au sein de groupes autonomes ou spontanés afin de revendiquer des droits civils, le contrôle de leur corps, la reconnaissance des violences de genre et une transformation plus générale des rapports de pouvoir. Dans ce cadre se développent des pratiques militantes variées, allant des groupes d'autocoscienza à des formes d'action directe pouvant inclure occupations, sabotages, affrontements avec les forces de l'ordre, voire participation à des expériences de lutte armée. Si les féminismes italiens ont déjà fait l'objet de nombreux travaux, plusieurs dimensions restent encore insuffisamment étudiées. D'une part, les pratiques de violence féminine sont souvent dissociées des cadres théoriques transnationaux qui circulent alors entre l'Italie, la France et les États-Unis. D'autre part, les représentations médiatiques et politiques de ces militantes demeurent peu interrogées, alors même qu'elles contribuent fortement à construire un imaginaire de la « femme dangereuse », « irrationnelle » ou « monstrueuse ». L'objectif principal du projet est donc d'analyser la manière dont certaines femmes ont recours à des formes d'action illégales ou violentes en tant que pratiques alternatives de la lutte politique, tout en étudiant les discours produits autour de ces pratiques. Une attention particulière sera portée à la différenciation des registres de violence - symbolique, matérielle, illégale ou armée - afin d'éviter les amalgames et de comprendre les logiques spécifiques qui structurent ces formes d'engagement. Le projet mobilise pour cela des outils théoriques issus des féminismes critiques et des approches intersectionnelles, notamment les réflexions portant sur les rapports entre genre, classe et race. Il s'appuie également sur une perspective transnationale afin d'analyser les circulations d'idées, de textes et de pratiques militantes entre différents espaces politiques et intellectuels. La méthodologie combine approches qualitatives et quantitatives : dépouillement d'archives féministes et militantes en Italie et en France, analyse de la presse féministe, militante et généraliste, étude des productions de contre-information, constitution d'une base de données sur les occurrences de violences féminines, analyse discursive et iconographique, ainsi que réalisation d'entretiens semi-directifs dans une perspective d'histoire orale. Le projet sera réalisé au sein du laboratoire LUHCIE de l'Université Grenoble Alpes, dans le cadre d'une cotutelle internationale avec l'Université de Turin. Il s'inscrit pleinement dans les recherches actuelles sur les radicalités politiques, les féminismes, les circulations transnationales et les constructions médiatiques de la violence. En proposant une relecture des années 1970 italiennes à partir du point de vue des femmes, BRAVE ambitionne de contribuer à une meilleure compréhension des rapports entre genre, violence politique et représentations médiatiques dans l'Europe contemporaine.Les années 1970 constituent en Italie un moment de profondes transformations sociales et politiques, marqué par un cycle de mobilisations d'une intensité exceptionnelle. Hérités des mouvements étudiants et ouvriers de 1968, les mouvements de la Nouvelle gauche contribuent à redéfinir les frontières de la contestation politique et sociale. Dans ce contexte, le féminisme de la deuxième vague occupe une place centrale : il remet en cause les structures patriarcales, la division sexuée du travail et les rôles sociaux assignés aux femmes. Les militantes développent des pratiques politiques variées, allant des groupes d'autocoscienza à des formes d'action directe parfois illégales ou violentes. Si les féminismes italiens ont déjà fait l'objet de nombreux travaux, plusieurs dimensions restent encore insuffisamment étudiées, notamment l'articulation entre pratiques militantes radicales, cadres théoriques transnationaux et représentations médiatiques. Le projet BRAVE entend précisément combler cette lacune en proposant une approche croisée entre histoire politique, histoire du genre, analyse des médias et perspective transnationale.
L'objectif principal du projet est d'analyser la manière dont le militantisme féministe italien s'inscrit dans les dynamiques sociales, politiques et théoriques des années 1970, et plus précisément d'étudier comment certaines femmes ont recours à des formes d'action illégales ou violentes en tant que pratiques alternatives de la lutte politique. Le projet vise également à comprendre les circulations transnationales des théories féministes entre l'Italie, la France et les États-Unis, à différencier les registres de violence (symbolique, matérielle, illégale, armée) et à analyser les représentations médiatiques et politiques de la « femme violente » dans le contexte italien des années 1968-1980.
Le projet repose sur une méthodologie combinant approches qualitatives et quantitatives. Il s'appuie sur le dépouillement d'archives féministes et militantes en Italie et en France, l'analyse systématique de la presse féministe, militante et généraliste, ainsi que l'étude des productions de contre-information. Une base de données sera constituée afin de recenser les occurrences de violences féminines et leurs représentations médiatiques. Le projet mobilisera également l'analyse discursive et iconographique des sources, ainsi que des entretiens semi-directifs réalisés dans une perspective d'histoire orale. L'ensemble sera replacé dans une approche comparée et transnationale permettant d'analyser les circulations de pratiques, de concepts et de modèles militants entre l'Italie, la France et les États-Unis.
Le profil recherché
Le projet s'adresse à des candidat·es disposant d'une solide formation en études italiennes, histoire de l'Italie contemporaine, histoire contemporaine, études de genre ou sciences sociales. Une expérience confirmée de la recherche est attendue, attestée notamment par un mémoire de Master de haute qualité et une capacité à problématiser des objets complexes. Les candidat·es devront manifester un intérêt marqué pour les questions de radicalité politique, de féminismes, de violences politiques et de représentations médiatiques, ainsi qu'une aptitude à travailler sur des corpus variés (archives, presse, sources orales). Une bonne maîtrise de l'italien est indispensable, la connaissance des approches transnationales, de l'analyse du discours ou de l'histoire des médias constituant un atout supplémentaire. Le projet requiert également une capacité à développer une réflexion autonome tout en s'inscrivant dans un cadre collectif et international de recherche.